Nuits des Étoiles 2025

Date
1 août 2025
Lieu
Stade municipal de Marigny
Animé par : Alain, Bernard, Christian, David, Élise, Florent, Valentin,
Véronique, Grégory, Jacqueline, Rémy, Benoît, Franck, Maxime, Michel, Philippe, Pierre, Patrick, Gilles, Sylvain et Cyrille.

On ne présente plus les Nuits des Étoiles ! Événement astronomique populaire accessible au grand public. Regardons un peu dans le rétro. L’idée a germé en 1987. Olivier Las Vergnas, Éric Piednoël et Patrick Roth, de l’association ANSTJ, proposent à leur homologue de l’AFA, Alain Cirou, et au ministère de la Recherche de mettre en place des soirées d’observations, en sollicitant les clubs et associations d’astronomie du territoire. L’opération sera intitulée « Nuits nationales d’observation des étoiles filantes ». Quatre ans plus tard, sous l’impulsion de Daniel Kunth, astrophysicien, l’émission « Nuits des Étoiles filantes » est créée sur Antenne 2. Ce sera la première édition officielle des « Nuits des Étoiles ». Trente-cinq ans plus tard, les Nuits des Étoiles ont toujours autant de succès auprès du public et le modèle s’est exporté dans d’autres pays du monde.

 
Jour 1 – Vendredi 1 août 2025
14h00

Rendez-vous au stade avec une poignée de bénévoles pour installer le matériel. Nous sommes quelques-uns à rester tout le week-end sur place. Toiles de tente, grand écran, sonorisation, bancs pour le public et tivoli pour l’accueil sont installés sous un beau soleil. Par moments, quelques nuages viennent atténuer la chaleur.
Au fil de l’après-midi, les membres de l’association nous rejoignent. En fin de journée, bon nombre de télescopes sont déjà installés.
 

 

 
 
 

 
 
 
En soirée, nous nous retrouvons dans la salle du stade municipal pour partager un repas bien mérité. C’est un moment de convivialité très apprécié, une occasion idéale de mieux faire connaissance entre anciens et nouveaux membres, et d’échanger autour de nos dernières activités, de nos bricolages et de nos expérimentations en astronomie.
 
 

 
 

 
Nous jetons régulièrement un œil aux prévisions météo, dans l’espoir de les voir évoluer en notre faveur. Malheureusement, tout laisse à penser que le ciel ne sera pas propice aux observations une fois la nuit tombée. Un front nuageux doit traverser le ciel du nord au sud. D’après nos estimations, il devrait se dégager vers une heure du matin. Ce soir, avec ce ciel nuageux, une grande partie du public a dû reporter sa visite au samedi soir. Toutefois, près d’une quarantaine de curieux ont bravé la météo incertaine pour nous rendre visite et profiter des animations prévues. Cette année, le thème des Nuits des Étoiles est : « Les océans du ciel, un berceau pour la vie ? », à lire dans le hors-série n° 52 de Ciel&Espace.
 

 
D’où vient l’eau sur Terre ? Était-elle présente lors de sa formation ou a-t-elle été apportée par de petits corps du Système solaire, comme les comètes ? -- C’est Florent qui commence par une conférence de 45 minutes sur les comètes, intitulée : « Les comètes, des voyageuses pas comme les autres ».
 
 

 
 
Ici, on part à la découverte des comètes, astres qui intriguent l’humanité depuis des millénaires. On y découvre comment elles ont marqué l’histoire des civilisations. Dans l’Antiquité, elles étaient vues comme des signes célestes annonciateurs de grands événements, parfois favorables, parfois funestes. Avec la Renaissance et les travaux de Copernic, Tycho Brahé, Kepler, puis Newton, la vision scientifique des comètes s’est précisée, jusqu’à Halley, qui a prédit leur retour périodique.
Issues des régions lointaines du Système solaire, Florent explique pourquoi elles conservent en elles l’histoire de la formation de notre Système solaire. Leur composition en fait de véritables archives primitives. Puis, la physique de leurs queues est détaillée, ainsi que la manière dont le Soleil influence leur trajectoire et leur apparence.
On s’intéresse aussi aux différents types d’orbites (elliptiques, paraboliques, hyperboliques) et à la façon dont les forces gravitationnelles ou le dégazage peuvent les perturber. Quelques comètes célèbres, comme celle de Halley ou d’Encke, sont évoquées pour illustrer le propos. Enfin, la présentation se conclut sur le projet Comet Interceptor, une mission spatiale européenne prévue pour 2029. C’est un type de mission inédite, dite « rapide », car la sonde sera placée en position d’attente dans l’espace, prête à « bondir ».
Des moyens d’observation terrestres puissants, comme l’observatoire Vera Rubin (ex-LSST), opérationnel depuis juin 2025, seront utilisés pour identifier une cible potentiellement intéressante et mesurer son orbite suffisamment à l’avance pour que la sonde spatiale puisse se placer sur une trajectoire d’interception avant que l’objet céleste ne s’approche du Soleil. Passionnant !
 
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David poursuit avec la conférence officielle de l’AFA, intitulée : « Les océans du ciel ». Cette présentation est disponible à l’adresse suivante : Les océans du ciel
 

 

L’eau, fil conducteur de la vie, est présente sur Terre sous forme liquide, solide et gazeuse, ce qui est unique dans le Système solaire. À l’état liquide, elle constitue un solvant essentiel dans l’apparition de la vie sur Terre. Les atomes de carbone, d’azote, d’hydrogène et d’oxygène composent le vivant et figurent parmi les éléments les plus abondants dans l’Univers. Est-ce un hasard ? En est-il de même ailleurs ? L’eau est partout dans l’Univers. Dans cette conférence, nous partons en voyage pour découvrir où elle se cache, de la Lune aux lointaines nébuleuses, en nous attardant sur les lunes de Saturne et de Jupiter, où des océans enfouis sous une épaisse couche de glace ont peut-être donné naissance à la vie. Au-delà du Système solaire, on trouve de l’eau dans les nébuleuses et dans les disques protoplanétaires autour des étoiles, là où naissent planètes, comètes et astéroïdes. Aujourd’hui, suivre la trace de l’eau liquide est en partie l’un des objectifs des missions spatiales, comme le télescope James Webb et les sondes d’exploration JUICE et Europa Clipper.
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22h30, le ciel est toujours couvert
 
Observations tardives : comme prévu, le ciel s’est dégagé vers 1 h du matin. Nous avons fait quelques observations entre membres de l’association jusqu’à environ 3 h du matin.
 
Jour 2 – Samedi 2 août 2025
 
La météo s’annonce bien plus clémente aujourd’hui. Ce matin, Pierre a mis en service son Sol’Ex.
 
Le Sol’Ex (Solar Explorer) est un petit spectrographe astronomique conçu par Christian Buil pour observer le Soleil. C’est un instrument imprimable en 3D et accessible aux amateurs, qui se monte sur une lunette astronomique classique.
 
 

Principe de fonctionnement du spectrographe Sol’ex.
 
 

Exemple de réalisation.
 
 
Pierre a monté et utilise cet instrument depuis plusieurs années, et il en est le spécialiste au sein de l’association. Sa bonne maîtrise et ses conseils devraient permettre à d’autres membres d’en fabriquer un à leur tour. Grâce au Sol’Ex, Pierre pratique la science participative en transmettant régulièrement ses observations aux astronomes professionnels de l’Observatoire de Paris.
 
 

Soleil 02-08-2025 09 :13 :06 TU - Halpha 6561.762 Å.
 
 
Les zones plus sombres sont souvent des filaments, c’est-à-dire des nuages de plasma plus froid et plus dense, suspendus au-dessus de la surface par le champ magnétique. Elles apparaissent sombres parce qu’elles absorbent la lumière en H-alpha provenant des couches inférieures.
 
Les zones plus claires correspondent à des régions plus chaudes de la chromosphère, qui émettent davantage en H-alpha. Elles sont généralement associées à des zones de champ magnétique intense, où l’activité solaire est plus marquée. On distingue également quelques petites protubérances sur le limbe du disque solaire, mais rien de très spectaculaire aujourd’hui. Enfin, même si le maximum du 25ème cycle d’activité solaire est passé, le Soleil reste encore relativement actif.
 

 
Dans l’après-midi David installe la lunette H-Alpha de l’association pour observer le Soleil. Depuis la photo réalisée par Pierre à 11h12 ce matin l’activité n’a pas beaucoup évolué. Deux groupes de taches plus importants restent intéressants à observer.
 

Lunette Skywatcher 80ED modifiée en Coronado
 
 
L’après-midi, la turbulence atmosphérique est plus importante sous l’effet de la chaleur produite par le Soleil. Deux vidéos de 3000 images ont été nécessaires pour produire ces deux images résultant de l’addition de 600 images. Les logiciels AutoStakkert et WaveSharp ont été utilisés pour le traitement. L’image en haut à droite du Soleil provient du site de l’observatoire spatial SOHO (Solar and Heliospheric Observatory) de la NASA et représente le Soleil du jour.
 Coronado 80 - ZWO 290MM - Tâche solaire 4165 et 4167
Les équipements et instruments d’observation étant déjà installés sur le site, la journée du samedi est plus reposante.
 
Petit tour d’horizon des instruments installés sur le site
 
 

 
Observation visuelle au Celestron HD 200 mm de Patrick 
 
 
 

Station astrophotographie de Jacqueline
 
 
 

Observation visuelle assistée au
Dobson 250mm de Maxime
 
 
 

Observation visuelle
280mm de Grégory
 
 
 

Observation visuelle au légendaire
Perl 155/900 de Gilles
 
 
 

Station astrophotographie automatisée
RASA 8 (200mm) d’Alain
 
 
 

Observation visuelle
T500 de l’association
 
 
 

T500 de l’association
 
 

Astrophotographie
Lunette et caméra de Pierre
 
 
 

Observation en visuel
Dobson de 450mm de Michel
 
 
 

Observation en visuel avec le Dobson Strock 250mm
fabriqué par Rémy, il tient dans une valise.
 
 

Visuel et astrophotographie 
Télescope de Valentin, un newton 200mm
 
 
 

Observation visuelle
Dobson 400 mm de Sylvain
 
 
 

Observation visuelle
Newton de 200 mm de Benoît
 
 
 

Observation visuelle
Dobson de 300 mm de Christian et Véronique
 
 
 

Observation visuelle à l’oculaire électronique
et astrophotographie avec l’Odyssey Pro de Bernard
 
 
 

Observation visuel assisté
Lunette de Florent
 
 
 

Observation visuel assisté
Dobson 250 mm de Florent
 
 
20h, les derniers nuages ont disparu et le premier quartier de Lune brille de mille feux. Ce soir le public sera au rendez-vous !
 
20h30, les premiers visiteurs arrivent.
 
 

 
 
L’animation commence par l’observation de la Lune. Même pour les habitués, elle reste toujours un beau spectacle. Carte en main, nous faisons découvrir au public les différentes formations lunaires et donnons des informations sur les échelles de distance et le diamètre des cratères. Mine de rien, il y a toujours beaucoup de choses à dire sur notre satellite.
 
 

Un peu avant le coucher du Soleil, observation de la Lune.
Franck passionne le public avec des explications rigoureuses et accessibles à tous. 
 
 
C’est Rémy qui ouvre la soirée avec une conférence intitulée « Histoire et secrets de l’Univers ».Histoire et secrets de l’Univers
 
 
De l’immobile Univers d’Aristote à l’expansion révélée par Hubble et Lemaître, l’humanité a découvert que le cosmos a une histoire et une mémoire de lumière inscrite dans le rayonnement fossile [1]. De l’infiniment petit aux galaxies lointaines, l’univers s’organise comme un langage : les particules sont les lettres, les molécules deviennent des mots, les cellules écrivent des phrases, et le vivant compose la grande bibliothèque du cosmos.
 
La nature joue entre hasard et nécessité : elle impose des lois mais laisse place à l’imprévu, comme les cristaux de neige ou les papillons. De la poussière d’étoiles sont nées les planètes, la Terre, la vie — jusqu’à nous, consciences dans l’immensité. 
 
Aujourd’hui, sondes, robots et télescopes scrutent les premières galaxies et affinent nos théories, mais de nombreuses pièces manquent encore au puzzle cosmique. Comme un poème sans fin où nous ne sommes qu’un souffle fragile, capables pourtant de rêver et de penser le ciel. 
 
Chiron.D 
 
[1] : Le rayonnement fossile est la lumière primitive émise lorsque l’univers, âgé de 380 000 ans, s’est refroidi assez permettant aux particules de lumière que sont les photons, de pouvoir circuler librement.
 
 

 
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Puis David enchaîne avec la conférence de l’AFA, la même que vendredi soir.
 
Vers 23 h, la nuit tombe progressivement… Les observations du ciel peuvent commencer.
Cartes en main et munis des lampes rouges prêtées par l’association, les visiteurs recherchent le nom des premières étoiles qui apparaissent, puis les constellations se dessinent peu à peu.
 
Les files d’attente s’allongent derrière les télescopes. Les questions déclenchent des discours et favorisent les échanges de savoir. Tout devient plus clair pour certains. Pour d’autres, il faudra un peu de temps pour s’approprier l’information. 
 
 
Observation de Saturne
 
Quand elle est observable, Saturne est toujours un la star des Nuits des Étoiles. Le public est émerveillé de découvrir la planète aux anneaux dans l’oculaire.
 
Cette nuit elle s’est levé à 23h30. Cette année son aspect suscite les remarques et de la curiosité. En effet, l’inclinaison des anneaux apparaissent très aplatis, presque alignés avec la ligne de visée depuis la Terre. Nous expliquons que ce phénomène est dû au cycle d’inclinaison de la planète, et qu’il faudra patienter quelques années avant de revoir ses anneaux ouverts comme auparavant.
 
 

 
 
Aparté Nous remarquons de plus en plus d’habitués qui reviennent chaque année redécouvrir le ciel. D’autres sautent le pas et rejoignent notre association.
 
Pour nous, membres de l’association depuis presque vingt ans, l’astronomie n’est pas un simple loisir que l’on consomme de temps en temps : c’est un état d’esprit, une passion que nous partageons. Le ciel rassemble et la science nous apprend l’humilité. Cette nuit, ce sont environ 200 personnes qui nous rendent visite ! L’ambiance est conviviale, respectueuse et chaleureuse.
 
C’est réjouissant de constater l’intérêt du public pour l’astronomie, autrefois surnommée (de façon un peu pédante) la « reine des sciences ».
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Les observations se poursuivent jusqu’au bout de la nuit.
Quelques photos de démonstration prises par les animateurs pendant les Nuits des Étoiles
 
 
 

Valentin s’initie à l’astrophoto et réussi cette pose unique d’une galaxie vue par la tranche, NGC 891.
On remarque la qualité de la mise au point.
 
 
 

Nébuleuse de l’Aigle dans la constellation du… Serpent.
Odyssey Pro - Photo Bernard BAUDOUIN
 
 
 

Nébuleuse de la Lyre, M57 - Unistellar – Photo Christian LAVAND
 
 

En visuel assisté, galaxie du Tourbillon M51 dans la constellation des Chiens de Chasse - Photo Florent FREMONT
 
 
 

Photo Jacqueline JEANDEMANGE
 
 
M81-NGC3031 galaxie supergéante dans la constellation de la Grande Ourse.
Logiciel d'acquisition d'images : NINA et Siril pour le "Visuel Assisté"
Caméra NB Asi290MM - réducteur correcteur X 0.63 -Lunette 80ED/600
Camera non refroidie température du capteur : 24.3°C
Stack de 27 images de 30s - Gain 200 - retrait simultané des darks
L'Est est en haut et le Nord se trouve à droite.
 
En imagerie rapide en temps réel ou "visuel assisté", l'empilement n'est pas recadré et les traces de satellites ne sont pas rejetées. Le visuel assisté permet sur un écran, une vision améliorée de ce qui pourrait être observé à l'oculaire.
 
 
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Nébuleuse de l’Haltère, M27. Empilement de 180 images de 4s de pose chacune.
Photo Pierre LUCAS 
 
Retrouvez l’ensemble des photos et dessins réalisés par les membres de l’association à l’adresse suivante : Recherche d’images - Têtes en l'air
 
 
Cette année encore, les Nuits des Étoiles ont été une réussite malgré une météo capricieuse le vendredi.
 
Remerciements au public pour être venu en nombre aux Nuits des Étoiles, ainsi qu’à la municipalité de Marigny pour son soutien indéfectible, et à l’AFA pour l’organisation nationale de l’événement.
 
Pour information, l’année prochaine, en 2026, aura lieu une éclipse totale de Soleil en Espagne, le 12 août.
 
Nous ne connaissons pas encore les dates des Nuits des Étoiles 2026 ni la façon dont elles seront organisées. Suivez-nous sur notre site internet ainsi que sur les réseaux sociaux.
 
Bon ciel à tous !
 
David CHIRON